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Grégoire Müller
2k Paintings /
Exposition du 10 mai au 28 juin 2009

(English version)  

Mettre en image notre société d’aujourd’hui par les moyens de la peinture, tel est le défi que Grégoire Müller se pose depuis un quart de siècle. Il le fait sous un angle politique et humaniste, abordant l’histoire de manière subjective.

«Je sais ce que j'attends de ma peinture. Je veux ouvrir de grands espaces dans lesquels on puisse pénétrer, je veux mettre en scène la figure humaine (qui me semble définitivement être au centre de toute I'histoire de la grande peinture), je veux peindre avec des gestes larges qui impliquent tout mon corps, sans fignolage et sans tarabiscotage, quelque chose de direct, de clairement lisible, sans maniérismes et sans stylisations évidentes, quitte à accepter une certaine maladresse...» Grégoire Müller

L’Espace Courant d’Art se félicite de présenter,
du 10 Mai au 28 juin 2009, une exposition majeure des œuvres récentes de Grégoire Müller.

En 2001-2002, au Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel, une rétrospective de ses œuvres a attiré près de dix mille visiteurs. Pour l’artiste, cela a été un choc nécessitant une pause et du recul. Sculpture, dessin, sérigraphie et écriture ont comblé le vide alors que la peinture tardait à reprendre. Puis, dès 2005, Grégoire Müller est entré dans une période particulièrement féconde qui repose en grande partie sur l’adoption de la toile noire comme support et point de départ. Cette exposition regroupe la majeure partie des œuvres réalisées depuis la rétrospective de Neuchâtel.

«La démarche de Grégoire Müller est sous-tendue par un conflit longtemps non résolu entre son adhésion instinctive et sensuelle à la peinture et sa fascination d’intellectuel pour les contradictions de son époque. Autodidacte, c’est une quête plus qu’un apprentissage qu’il poursuit à travers le milieu de l’art new-yorkais afin de s’y confronter aux personnalités les plus fortes. Et ce n’est qu’après une remise en question qu’il entrevoit la possibilité, à travers la figuration, d’être à la fois peintre et engagé. Marquée par le geste ample et l’échelle monumentale de l’art américain, sa peinture, d’abord expressionniste, se fait plus réaliste dès les années 1980.

Müller est alors qualifié de peintre provocateur par le New York Times, qui souligne « l’élégance cauchemardesque » de ses œuvres. Parallèle au néo-expressionnisme et à la Trans-avant-garde, sa peinture reste toutefois difficile à classer; réactionnaire pour certains, dans la mesure où elle ne désavoue pas la tradition – de Giotto à Balthus et de Géricault à Bacon – et revisite les genres tels que le portrait, la nature morte ou la peinture d’histoire, elle est aussi radicale, et dérange non seulement par la brutalité, la violence, la trivialité de ses sujets, mais également par leur mise en peinture; frontalité, cadrages photographiques, absence d’anecdote, fragmentation de l’image et juxtaposition d’éléments abstraits empruntés à la modernité picturale caractérisent en effet un style avant tout efficace. Curieusement, et malgré sa trajectoire internationale, c’est dans le contexte de l’art suisse, dans la lignée de Hodler, Vallotton ou Varlin, que la peinture de Müller trouve le mieux sa place. » Edmond Charrière, 2005


Biographie abrégée de Grégoire Müller

Grégoire Müller est né à Morges, en
février 1947. Après sa maturité au Collège de St-Maurice, il part pour Paris en 1965, où il est l’assistant de César puis d’Arman. Suite à d’intenses conversations avec Daniel Buren, il renonce à la peinture pour se consacrer au journalisme d’art. Après avoir écrit la préface de « When Attitudes Become Form » pour Harald Szeeman
et participé aux événements de Mai 68,
il quitte l’Europe pour New York.

Assistant avec Phil Glass de Richard Serra, puis rédacteur à la revue Arts Magazine entre 1970 et 1972, il est un des acteurs du monde de l’art new yorkais. En tant que rédacteur en chef, il collabore avec Salvador Dali, Rauschenberg, Warhol, Sol Lewitt, et Walter De Maria à divers projets spéciaux. En 1972, il quitte ses fonctions
à la revue pour se remettre à peindre.

Dès 1975, il expose régulièrement en solo à New York (Deitcher-O’Reilley, Kornblee, Oil and Steel, Grünebaum, Jason McCoy), ainsi qu’à Londres (David Grob Ldt.) et en groupe avec entres autres Julian Schnabel, Leon Golub, Eric Fischl et Jean-Michel Basquiat.

De retour en Suisse, il s’établit à La
Chaux-de Fonds en1987 où il vit avec sa femme Pascal et leur deux filles, Saskia
et Misha. Il a exposé en solo dans des musées (Musée des Beaux Arts de La Chaux-de-Fonds, Kunsthaus de Zürich, Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel)
et des galeries (Carzaniga à Bâle, E.S.F.
à Lausanne, Ziegler à Zürich, Fischlin à Genève et Nyon, Numaga à Auvernier), ainsi qu’en groupe avec entre autres Olivier Mosset, John Armleder, Patrick Honegger et Felice Varini.

Parallèlement à la peinture, Grégoire
Müller s’est aussi consacré à la sculpture (Potences d’Anges - éd. G. d’Encre 2008), et l’écriture (Ramblings - éd. de l’Aire 1996, Nada Mas - éd. de l’Aire 2007). Enfin, l’enseignement à temps partiel, à la H.E.A.A. du Locle et au Lycée Blaise Cendrars de La Chaux-de-Fonds, constitue une autre facette de son engagement dans le domaine de l’art.

Les oeuvres de Grégoire Müller sont représentées dans de nombreuses collections publiques et privées, y compris au M.O.M.A. de New York, au Kunsthaus de Zürich, à la Nationale Suisse Assurances, à la Chase Manhattan Bank, et à la Confédération Suisse. Ses expositions ont fait l’objet de commentaires dans le N.Y. Times, Art in America, Neue Zürcher Zeitung, le Temps, L’Hebdo et autres. Il figure également en bonne place dans le Dictionnaire de l’Art Suisse.

   
     
   
     
       
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