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René Pagnard fréquente l’Ecole des arts visuels à Bienne entre 1956 et 1958. Il effectue pendant cette période de multiples séjours à Paris chez sa sœur qui habite rue Myrha, nom qu’il adopte comme pseudonyme. En 1960, il travaille dans un atelier de publicité à Milan. Tout en se rendant fréquemment à Paris, il séjourne deux ans dans la ville italienne et y présente sa première exposition personnelle. Devenu indépendant en 1962, il expose à Bâle cette même année et s’y établit en 1963. Dès lors, les expositions personnelles et collectives en Suisse et à l’étranger se succèdent. En 1963 également, il épouse Rose-Marie Probst (connue sous le nom d’écrivain Rose-Marie Pagnard). Peu après naissent leurs filles Cléo (1963) et Géraldine (1964).
Dès 1969 et pendant quelques années, Myrha travaille avec le peintre Rémy Zaugg. Dans les années 1970, l’artiste bénéficie de deux expositions importantes: au Kunstmuseum de Bâle en 1973 et à l’abbatiale de Bellelay en 1978. Dès lors, il se consacre surtout aux différentes techniques de la gravure, à la recherche de la transparence des couleurs et aux objets-sculptures. En 1985, il quitte Bâle pour s’installer aux Breuleux. Tout au long de sa carrière, Myrha reçoit de nombreuses distinctions comme, entre autres, le prix des plus beaux livres suisses (1961), la Bourse fédérale des beaux-arts (1972), la Bourse Kiefer-Hablitzel (1972) ou le prix de la _8e Biennale européenne de gravure à Mulhouse (1980).
Les premières toiles de René Myrha remontent aux années 1950. Il peint alors surtout à l’huile des natures mortes aux couleurs retenues et aux formes abstraites. Elles dérivent du cubisme par la géométrisation de la composition et les tons terreux. Dans les années 1960, sous l’influence du pop art, les couleurs s’avivent et l’huile est remplacée par la peinture acrylique ou l’aquarelle. Le thème du paysage se développe; des éléments végétaux et floraux, des nuages, des contours de collines font leur apparition.
Dès 1969, Myrha innove avec la technique du papier transparent et la sculpture des Art-moires. Le papier transparent sur lequel l’artiste dessine lui permet d’obtenir une image épurée qu’il reporte sur la toile où la couleur intervient ensuite. L’utilisation du papier transparent, qui favorise la simplification des formes, comme si elles étaient découpées au pochoir, dérive de son expérience de la sérigraphie, technique pratiquée en collaboration avec Rémy Zaugg. Parallèlement, Myrha crée des boîtes peintes avec des reliefs intitulées Art-moires. Le paysage se développe ici dans l’espace tridimensionnel; il ne reste plus confiné à la surface d’une image.
Dès 1974, l’espace se peuple de créatures surréalistes, parfois hybrides, entre l’homme, l’objet et l’animal. Dans les compositions aux titres évoquant un au-delà onirique (L’espace humain, Rencontre d’ailleurs, Le rêve), des objets et des êtres énigmatiques semblent voler comme libérés de toute pesanteur (Myrha est fasciné par les découvertes astronomiques). Ces espaces imaginaires sont déployés aussi bien dans les dessins, les gravures, les peintures, les reliefs que dans les œuvres monumentales et les décors d’opéra.
Œuvres: Bâle, Kunstmuseum; Berne, Bibliothèque nationale; Berne, Office fédéral de la culture.
Marie Eve Scheurer, 2005
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